La remédiation pédagogique

BILAN DE LA FORMATION

I – Deux journées de formation

  1. Les jeudi 5 et vendredi 6 février, 19 personnes venues des 7 établissements lasalliens du Liban (à raison d’au moins 2 personnes par établissement) ont travaillé de 9h à 15h.
  2. La formation avait pour objectif de leur faire découvrir que
  1. L’enfant n’est pas en difficulté scolaire parce qu’il a des lacunes mais qu’il a des lacunes parce qu’il est en difficulté de vivre l’école, le contexte dans lequel il s’est trouvé (familial, social, scolaire, etc.) ne lui ayant laissé que cette seule issue de refuser d’étudier. Aussi, a-t-il accumulé les lacunes aux plans des connaissances, des compétences et de la méthodologie de travail. Il a développé des rapports négatifs à l’apprentissage, aux disciplines scolaires, aux enseignants, etc. Il a ainsi construit une identité d’enfant en difficulté scolaire.
  2. Cet enfant a une image négative de lui-même et de l’école. Par ailleurs, son retard scolaire ne se situe pas prioritairement au plan des savoirs : il est surtout méthodologique.
  3. Le rattrapage classique s’avère complètement insuffisant, il suffit, pour s’en convaincre, de constater que ce sont les mêmes élèves qui se retrouvent, chaque année dans les cours de rattrapage.
  4. La remédiation devra aider cet enfant à changer d’identité : à se construire, petit à petit, une identité d’élève efficace, d’élève qui aime l’école et qui donne sens au travail scolaire. Cette conversion passe nécessairement par  la reconnaissance de sa personne et de ses capacités, et ne peut se réaliser qu’à travers des expériences scolaires positives qui lui permettent de reprendre confiance en lui-même.
  5. Eviter donc tout dispositif « stigmatisant » (qui distingue l’enfant en difficulté et le confirme  dans son identité de looser) : organiser des actions de remédiation intégrées au travail de classe en ayant recours, à titre d’exemple, au travail par ateliers. Multiplier les contacts personnels et « valorisants » avec lui et lui confier des charges lui permettant de réussir et de découvrir le plaisir du succès scolaire. Mais se rappeler qu’on ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un malgré lui et qu’il faut l’encourager à s’engager et l’accompagner pour qu’il apprenne à honorer ses engagements.
  1. En vue de la rencontre-bilan prévue le 14 mars, tous les participants ont été invités à entreprendre des tentatives de remédiation adaptées à leurs établissements.

II – Une rencontre-bilan

  1. Une rencontre-bilan a eu lieu vendredi 13 mars et a regroupé 17 des 19 personnes qui avaient été initialement formées à la remédiation pédagogique.
  2. Un tour de table a permis aux participants de raconter leurs tentatives et ce qui en a résulté. Il en ressort les points suivants :
  1. De retour dans leurs établissements, tous les participants ont commencé par informer leurs collègues de leur vision nouvelle de la remédiation et de ses exigences.
  2. La majorité des tentatives se sont déroulées « en intégration », c’est-à-dire en évitant de séparer les enfants en difficulté des autres.
  3. Quelques unes ont porté sur les méthodes de travail de l’élève et se sont inscrites dans un travail de métacognition.
  4. Dans deux établissements, on a  multiplié les entretiens avec ces élèves, moments durant lesquels ces derniers étaient entendus, en situation de dialogue avec les adultes de l’école : ces entretiens portaient sur le rapport de l’enfant à ses camarades, à ses enseignants, à son travail scolaire, etc.
  5. On a partout tenté de proposer aux élèves en difficulté des moyens de réussir et de « redorer leurs blasons », de se refaire une image positive de leurs possibilités ; et partout on a multiplié les efforts et les moyens de valorisation des premiers succès de ces enfants.
  1. Il est heureux de constater que
  1. D’un établissement à un autre, les tentatives étaient très variées : tutorat, métacognition, ateliers, entretiens, contrat avec l’enfant, etc.
  2. Partout les tentatives étaient concluantes : les élèves ont réagi rapidement et de façon positive et les enseignants en ont tiré une profonde satisfaction.
  3. Pendant la rencontre-bilan, l’ambiance de la salle était particulièrement chaleureuse et enthousiaste : le ton de la voix, le regard et l’empressement à prendre la parole, tout exprimait la profonde satisfaction d’être sur un projet porteur de sens.
  1. La conclusion faite par l’animateur :
  1. Vu l’importance de cette action auprès des plus démunis qui nous met en parfaite cohérence avec l’un des objectifs prioritaires du projet éducatif lasallien, vu aussi son intérêt pédagogique et humain (pour les enfants), professionnel (pour nous) et économique (pour les familles et les établissements), il faut accorder à cette action de remédiation tout l’intérêt qu’elle mérite.
  2. Dans ce but, tenter de systématiser l’action entreprise jusqu’ici, en la complétant : travailler sur les compétences, insister sur les méthodes de travail et sur la qualité de la relation à l’enfant en difficulté, etc. Ce qui nous permettra d’une part de sauver, dès cette année, quelques enfants de l’échec et, de l’autre, de préparer et de mettre en place, pour l’année prochaine, un dispositif de remédiation qui fonctionnera à partir du mois de novembre 2009.

III – Le suivi

En vue d’aider chaque établissement à mettre en place un dispositif de remédiation réaliste pour l’année 2009-10, il nous semble nécessaire

  • Soit d’organiser deux journées de rencontre en juin pour toutes les personnes impliquées jusque-là dans cette action –formule qui permet les échanges ;
  • Soit d’accompagner chaque groupe (=chaque établissement) à part –formule coûteuse en temps  mais efficace parce qu’elle tient compte des particularités de chaque établissement.

 

Le 16 mars 2009
Samir Hoyek