LES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES AU LIBAN

I  DE LA FONDATION A NOS JOURS

COLLEGE DE LA SAINTE FAMILLE DE TRIPOLI

Le 29 octobre 1886, 3 Frères s’embarquent à Alexandrie pour Tripoli. Ils y arrivent le 2 novembre. Ils reçoivent l’hospitalité des Pères Lazaristes pendant 14 jours.

Pourquoi sont-ils venus dans cette ville ?

On lit dans l’historique du collège :

Le Vicomte de Petiteville, Consul Général de France à Beyrouth, obtient du Gouvernement, à la suite des demandes faites par Monsieur Geoffroy, Vice-Consul de France à Tripoli, et premier  promoteur de la création de cet Etablissement, la somme de 15 mille francs, pour aider à la fondation de cette œuvre…

L’école s’ouvre le 28 novembre avec 6 élèves. A la fin de l’année le nombre est passé à 32.

Ibrahim Afendi, chef de la Police, vint de la part du gouvernement turc exiger le Firman.

Les Parents sont menacés s’ils ne retirent définitive-

ment leur enfant de cette école.

En décembre1888 le nombre des élèves a atteint 160.

1915     1920     1940     1950     1975    1983

             226      451       912       1245     2900    1781

Les 2 derniers chiffres 2900 et 1781 évoquent la malheureuse guerre du Liban qui a vidé certaines régions de leurs habitants. Plus de 1200 élèves descendaient de la région de Zgharta à Tripoli. Plus de la moitié des Professeurs venaient de la même région. La guerre a imposé des frontières infranchissables.

Après cent ans d’existence, le collège de Tripoli qui marqua le Liban Nord au niveau culturel, social et économique, donna en même temps au Pays 2 Présidents de la République, 3 Présidents du Gouvernement, des dizaines d'avocats, d'ingénieurs, de médecins, d'écrivains, d'hommes d'affaires…

COLLEGE DE  LA SALLE KFARYACHIT

Les professeurs prennent l’initiative de rassembler les élèves et leur ouvrent une école provisoire. Mais c’est le provisoire qui dure, affirme le dicton.

L’Institut achète en 1983 un terrain à Kfaryachit et bâtit une école moderne inaugurée en 1984 avec1500 élèves. Aujourd’hui ce collège compte : 1244 élèves.

COLLEGE DE DEDDEH

Le Collège de la Sainte Famille de Tripoli fut transféré à Deddeh dans le Koura. Pour quelle raison ?  La guerre, le fanatisme, l’occupation du collège par les milices, le désir des Professeurs et des Parents, tous ces facteurs réunis ont décidé les Frères à  transférer leur collège. En 1986, un terrain de 72 mille mètres  carrés est acheté à Deddeh à 7 km de Tripoli.

En 1987,  le collège est inauguré avec 2100 élèves, 5 Frères et 93 professeurs.

Aujourd’hui, le collège ne compte que 1775 élèves. La situation économique du Liban, en est la cause.

ECOLE SAINT VINCENT DE PAUL

Le 10 mai 1890, arrivent à Beyrouth 2 Frères de Jérusalem, pour exécuter un contrat passé avec la Conférence de saint Vincent de Paul. Il s’agissait de prendre en charge sa petite école gratuite.

Les Frères obtiennent d’emblée un franc succès.

Ils la dirigèrent jusqu’en 1974.

25 ans après, en 1999, les Frères reprennent la direction de cette école transférée de la  Place des Canons à  Bourge Hammoud.

Elle compte aujourd’hui : 529 élèves.

COLLEGE DU SACRE–CŒUR

On lit dans l’historique du collège qu’en 1893 :

Les Familles aisées regrettaient de ne pouvoir faire  bénéficier leurs enfants de l’enseignement des nouveaux Maîtres à l’Ecole de St Vincent.

Pour répondre à l’appel pressant des Parents, le collège du Sacré-cœur voit le jour dans une salle réservée à la communauté. Le nombre des élèves inscrits atteint 11 : 9 Français et 2 Libanais.

Ce fut le grain de sénevé qui deviendra un arbre géant.

On lit plus loin : Les Congrégations enseignantes «virent de mauvais œil cette fondation. » C’était normal !

En 15 ans, le nombre d’élèves passera de11  à 480, dont

130  pensionnaires : c’était en 1911.

 En   1921        1970            1994             2001

         943         2300            2500             2600

L’historique du collège relève la visite de grandes personnalités comme : Georges Picot, Maurice Barrès de l’Académie Française, le Cardinal Dubois, l’Amiral Mornet, Henri Bordeaux de l’Académie Française, le Général Weygand Haut Commissaire, le Patriarche Arida, Raoul Follereau, le Cardinal Tisserant, le Général de Gaule,

Le collège compte parmi ses Anciens, 2 Présidents de la République, 2 Généraux en Chef et une multitude de…. 

Depuis 1999, le collège a repris la section secondaire.

Le nombre d’élèves atteint : 2671

COLLEGE DE LA SALLE A RAS-BEYROUTH

En 1922, Le Collège du Sacré-Cœur essaime et pose la première pierre du Collège de La Salle à Ras- Beyrouth qui fonctionnera 50 ans. La fermeture de ce Collège, donnera naissance au complexe de Mont La Salle.

COLLEGE NOTRE-DAME FURN EL CHEBBAK

On lit à la première page de l’historique du Collège :

En 1938, profitant de la mise en vente, par le R.P. Visiteur des Lazaristes, d’une parcelle de terrain faisant partie des anciennes propriétés de M. Morel à Furn el Chebbak, le cher F. Visiteur Palatin Joseph crut l’occasion excellente d’en faire l’acquisition au nom du Collège du Sacré-Cœur.

Sur ce terrain se trouvait une petite école de 150 élèves dirigée par les Sœurs de la Charité, les Frères en prendront la direction, avec l’intention de bâtir  un grand collège.

Le Visiteur des Frères, note l’historique, pensait avec raison, que ce quartier et ses environs, habités par une population chrétienne simple et religieuse, méritaient d’avoir à sa portée un collège catholique…

La pause de la première pierre eut lieu le vendredi 2 avril 1948.

Le 11 octobre 1949, 12 classes, englobant 450 élèves,  fonctionnent à plein rendement.

Aujourd’hui le collège compte 1471 élèves.

JUVENAT SAINTE MARIE BEIT-MERY

Une école avait fonctionné au siècle dernier…

En 1937, les Frères ouvrent une maison de formation. L’école pour le village et la région fut jumelée avec le Juvénat et plus tard le Scolasticat.

A partir de 1952, des élèves nous viennent  des villages avoisinants.

En 1960, un nouveau bâtiment vit le jour pour accueillir le nombre d’élèves qui augmentait d’année en année.

Aujourd’hui seule une école primaire et complémentaire fonctionne.

Elle compte : 403 élèves.

ECOLE SAINT PIERRE BASKINTA

A la demande de Mgr Boutros Hobaïka, qui avait enseigné la langue arabe au collège du Sacré-Cœur au début du siècle, les Frères ont pris la direction de son école primaire fondée en 1906.

Le F. Athanase Emile Supérieur Général de l’Institut des Frères a signé le contrat avec Monseigneur, en présence du F. Assistant Zacharias.

En 1962 une aile nouvelle fut ajoutée pour contenir les classes complémentaires, et en 1971, une section secondaire est  créée.

Depuis1999, une immense bâtisse voit le jour…

Aujourd’hui, une école gratuite fonctionne à côté d’une section secondaire.

Nombre d’élèves : 490

COLLEGE MONT LA SALLE

Je relève dans l’historique, cette phrase liminaire :

La position névralgique du centre commercial de Ras-Beyrouth, la volonté des Frères du Liban de regrouper les 4 collèges secondaires de la région, ont amené les responsables du District à choisir un emplacement convenable et une équipe capable de réaliser ce projet.

Une colline qui surplombe la ville de Beyrouth est choisie. On se met à l’œuvre. 18 mois après, la forêt de pin cède la place à un complexe scolaire moderne de 10 bâtiments.

 Le 10 octobre 1972, une armada d’autocars débarque 1972 élèves.

Durant les événements tragiques vécus par le Liban, le collège fut pris pour cible par les 2 camps…

Malgré tout, nous avons continué notre mission.

Il assure aujourd’hui l’enseignement primaire, complémentaire et secondaire : Bac libanais et bac français,  ainsi que l’enseignement technique dans les branches électroniques et  commerciales.

Un Corps professoral de 140 p artenaires se dépense auprès de 2513 élèves.

II  LE FONDATEUR ET SA VISION

Jean Baptiste de La Salle d’une noble et riche Famille, est né en France, à Reims le 30 avril 1651.

Il étudie à la Sorbonne, devient prêtre et docteur en théologie.

« Dieu le mène par la main.» Il finit par fonder l’Institut des Frères, après avoir distribué tout son argent aux pauvres. Il vit avec un groupe de maîtres qui deviendra le noyau de l’Institut.

CONCEPTION PEDAGOGIQUE:

L’ECOLE 

L’Eglise tenait alors la place de l’Etat en ce qui concerne le problème scolaire. Il s’agissait de combattre par l’instruction les maux engendrés par l’ignorance.

Plus pragmatique, de La salle ajoute le souci de préparer, en 2 ou 3 ans, ce jeune de milieu pauvre, à l’avenir qui l’attend. Pour cela :

Dans le primaire

  1. Il impose la langue française à la place de la latine.
  2. Il compose avec ses Frères les premiers livres en français. (La Francophonie lui devrait beaucoup) !
  3. Dans l’enseignement, il remplace la méthode individuelle par la méthode simultanée.

Dans le secondaire

A la place du latin et du grec, il enseigne avec les langues modernes, l’architecture, la sculpture, les finances, le commerce, le militaire, les mathématiques, l’astronomie…

LE MAITRE

Avant de La salle, le maître des écoles primaires gratuites était souvent improvisé. La principale innovation de M. de  La Salle est d’avoir fondé une Congrégation de religieux laïcs qui feraient de l’éducation humaine et religieuse des enfants de la classe populaire, un ministère à part entière.

Parallèlement à cette fondation, il créera le « Séminaire de maîtres d’école pour la campagne », doté d’une école d’application pour stagiaires et ce, en 1685 : former le maître avant de former l’élève.

En plus de la bonne formation, de La Salle donne au maître une haute idée de sa mission d’éducateur. Il lui dit dans les Méditations :

Vous êtes l’ambassadeur de Jésus Christ auprès des enfants.

Vous êtes le ministre de Dieu..

Vous êtes le Bon  Pasteur qui connaît et aime ses brebis

Vous êtes Sauveur avec le Christ.

Comme la Très sainte Vierge, vous devez enfanter Jésus dans l’âme des enfants et enfanter des enfants à Jésus Christ.

Regardez Jésus Christ sous les haillons des enfants pauvres.

L’ELEVE

Cet enfant pauvre, ignorant, délaissé par ses parents  occupés à lui gagner le pain quotidien est :

« Fils de Dieu.

Futur citoyen et futur fils de l’Eglise.»

Il faut aider les parents, les remplacer en s’occupant de cet enfant, afin qu’il grandisse intellectuellement, moralement et spirituellement.

« L’enfant qui sait lire et écrire peut tout », écrit de La Salle.

Pour faciliter la tâche de l’éducateur, de La Salle compose la « Conduite des Ecoles », un manuel  de Catéchisme et un livre de civisme : « Les Règles de la Bienséance et de la Civilité chrétienne ».

Il cherche à relever le niveau spirituel, social, et humain de cet enfant, en même temps que son niveau intellectuel, pour en faire un citoyen digne de ce nom.

A l’occasion de la Fête de St Louis, roi de France, de La Salle écrit dans la Méditation 160 :

Vos élèves commencent à être et doivent être, un jour, parfaitement membre de l’Eglise et de l’Etat.

Vous procurerez le bien de l’Eglise, en les faisant de véritables chrétiens…

Vous procurerez le bien de l’Etat, en leur apprenant à lire, et à écrire…

Ce pauvre enfant qui n’avait pas de place au soleil du Roi Soleil, de La Salle, dans une vision prophétique, lui trouve une place de choix. L’avenir le prouvera !

L’Eglise canonise de La Salle en 1900. Elle le proclame Patron des Educateurs de l’enfance et de la jeunesse, en 1950.

III TEXTES REFERENTIELS ACTUELS

Vision. Mission. Objectifs

Par fidélité à l’esprit du Fondateur, l’Institut des Frères, à tous ses Chapitres Généraux, revient sur les principes de base. A la fin du 20e siècle, l’accent a été mis sur la Mission partagée, les pauvres, et les droits de l’Enfant

A. MISSION PARTAGEE

En 1976, le Supérieur Général, au nom de l’Institut écrit :

« Les Frères partageront la spiritualité lasallienne et l’animation de leurs œuvres avec tous les membres de la communauté éducative. Ils se préoccuperont de leur formation permanente et seront attentifs à leur faire connaître les différents degrés d’appartenance à ce qu’on appelle la Famille lasallienne. »

En 1986 : Dans la Règle des Frères, il est écrit :

« Les Frères associeront volontiers les Laïcs à leur mission éducative.

Ils offrent à ceux qui le veulent les moyens de connaître le Fondateur et de vivre selon son esprit. »

Suite à ce Chapitre, le Supérieur écrit en 1988 :

Les Laïcs prennent leur place comme associés à part entière, et nous les Frères, les associons, volontiers à notre Mission. Nous acceptons qu’à partir de maintenant, nos écoles ne soient pas appelées ECOLES DES FRERES animées par la

Communauté des Frères avec l’apport secondaire des professeurs laïcs, de parents et d’élèves.

Au lieu de cela, elles seront appelées ECOLES LASALLIENNES animées par des communautés éducatives lasalliennes de foi, à l’intérieur desquelles, la communauté des Frères exerce son action pastorale. »

En 1993 : Par fidélité à l’esprit lasallien, l’Institut a invité les 66 mille professeurs laïcs, hommes et femmes, à partager la mission éducative du Frère.

« Nous les Frères, nous devons reconnaître qu’il n’y a aucun service éducatif qui nous soit réservé. Tous les postes, tous les services éducatifs sont accessibles à tous. »

Aussi, des cours de formation lasallienne sont donnés à nos maîtres, pour mieux connaître J.B. de La salle, sa vie, son œuvre, son objectif en éducation.

En 2000

Parmi les commissions nommées par le Chapitre  pour aider le Supérieur Général dans son rôle, figure la Commission de la mission éducative lasallienne.

B. OBJECTIFS DE CETTE MISSION

  1. Constituer un Comité permanent de la Mission éducative. (C’est fait)
  2. Stimuler la recherche et assurer la diffusion des réponses lasalliennes aux réalités anthropologiques de l’éducation actuelle.
  3. Promouvoir la solidarité :

a) Par la promotion de la justice et du service éducatif des pauvres.

b)En considérant les questions éducatives et pastorales dans un contexte missionnaire.

  1. Promouvoir la proclamation de la Bonne Nouvelle.

Accroître la visibilité de l’Institut et sa représentation dans les   organismes internationaux :

Bureau international de l’Enfance, Centre international   Catholique de la Communication à l’UNESCO, l’Office

International de l’Enseignement Catholique, l’OMAEC, Justice et paix.

C. DECISIONS

Approbation et exécution du programme :

Campagne  2001-2002 : Les Droits de l’Enfant.

Campagne  2002-2003 : Les innovations éducatives.

Campagne  2003-2004 : L’Education à la Justice.

Campagne  2004-2005 : Le Ministère Pastoral.

Campagne 2005-2006 : Préparation de l’Assemblée Internationale de la Mission Educative lassalienne.

Saint Jean Baptiste de La Salle reste toujours Vivant dans ses Frères et dans la Famille Lasallienne qui poursuivent sa Mission avec fidélité et amour.

«  De La Salle, aujourd’hui, c’est nous » !